ACTE II. SCENE IX
je porte, par tous les sermens que je saurois faire, qu'avant la fin du jour je vous déferai de ce maraud fiellé , de ce faquin d'Argante. Reposez-vous sur moi.
SCAPIN
Monsieur , les violences en, ce pays-ci ne sont guère souffertes.
SILVESTRE
Je me moque de tout, et je n'ai rien à perdre,
SCAPIN
Il se tiendra sur ses gardes , assurément, et il a des parens, des amis et des domestiques, dont il se fera un secours contre votre ressentiment.
SILVESTRE
C'est ce que je demande, morbleu! c'est ce que je demande. ( mettant Tépce à la main. ) Ah , tête! ah, ventre! Que ne le trouvé-je à cette heure , avec tout son secours! Que ne paroît-il à mes yeux au milieu de trente personnes ! Que ne le vois-je fondre sur moi les armes à la main ! ( se mettant en garde. ) Comment, marauds , vous avez la hardiesse de vous attaquer à moi ! Allons , morbleu , tue.
{poussant de tous les côtés, comme s'il cvoit plusieurs personnes à combattre. )
Point de quartier. Donnons. Ferme. Poussons,
j6 LES FOURBERIES DE SCAPIN.
Bon pied , bon œil. Ah , coquins ! ah , canaille ! vous en voulez par-là ! je vous en ferai tàter votre saoul. Soutenez , marauds ; soutenez. Allons. A cette botte. A cette autre. ( se tournant du côté dArgante et de Scapin. ) A celleci. A celle - là. Comment, vous reculez! Pied ferme , morbleu ; pied ferme !
Hé , hé , hé ! monsieur , nous n'en sommes pas.
SILVESTRE
Voilà qui vous apprendra à vous oser jouer à moi. «