‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 39 sur 433 · ACTE IL SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE IL SCENE X

ARGANTE

Allons le trouver ; je les ai sur moi.

SOAPIN.

Vous n'avez qu'à nie les donner. 11 ne faut pas, pour votre honneur , que vous paroissiez là, après avoir passé ici pour autre que ce que vous êtes; et de plus, je craindrois qu'en vous faisant connoître, il n'allât s'aviser de vous demander davantage.

ARGANTE

Oui ,* mais j'aurois été bien aise de voir comme je donne mon argent.

SCAPIN

Est-ce que vous vous défiez de moi ?

ARGANTE

Non pas; mais

SCAPIN

Parbleu ! monsieur , je suis un fourbe , ou je suis honnête homme ; c'est l'un des deux. Estce que je voudrois vous tromper, et que , dans tout ceci, j'ai d'autre intérêt que le vôtre et celui de mon maître , à qui vous voulez vous allier? Si je vous suis suspect, je ne me mêla plus de rien , et vous n'avez qu'à chercher, dès cette heure , qui accommodera vos affaires.

ARGANTE

Tiens donc.

SCAPIK.

Non , monsieur , ne me confiez point votre argent. Je serai bien aise que vous vous serviez de quelque autre.

ARGANTE

Mon Dieu , tiens.

Non , vous dis-je , ne vous fiez point à moi\ Que sait-on , si je ne veux point vous attraper votre argent ?

ARGANTE

Tiens, te dis-je; ne me fais point contester davantage. Mais songe à bien prendre tes sûretés avec lui.

SCAPIN

Laissez-moi faire ; il n'a pas affaire à un sot.

ARGANTE

Je vais t'attendre chez moi.

SCAPIN

Je ne manquerai pas d'y aller. ( seul. ) Et un. Je n'ai qu'à chercher l'autre. Ah ! ma foi , le voici. Il semble que le ciel, l'un après l'autre, les amène dans mes filets.

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