‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 15 sur 310 · ACTE I, SCÈNE II. a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. a

Il ne faut pas, seigneur, que ye vous dissimule;

Je n'ai rien fait encore , et n'ai point rencontré

De temps pour lui parler qui fat selon mon gré.

L'office de bouffon. a des prérogatives ;

Mais souvent on rabat nos libres tentatives.

Le discours de vos feux est un peu délicat ,

Et c'est , chez la princesse , une affaire d'état.

Vous savez de quel titre elle se glorifie,

Et qu'elle a dans la tête une philosophie

Qui déclare la guerre au conjugal lien,

Et vous traite l'amour de déité de rien.

Pour n'effaroucher point son humeur de tigresse^

Il me faut manier la chose avec adresse ;

Car on doit regarder comme l'on parle aux grands.

Et vous êtes parfois d'assez fâcheuses gens.

Laissez-moi doucement conduire cette trame.

Je me sens là pour vous un zèle tout de flamme.;

Vous êtes né mon prince, et quelques autres nœuds

Pourroient contribuer au bien que je vous veux.

Ma mère , dans son temps , passoit pour assez belle,

Et naturellement n'étoit pas fort cruelle; '

Feu votre père alors , ce prince généreux ,

Sur la galanterie étoit fort dangereux;

Et je sais qu'Elpénor, qu'on appelolt mon père ,

A cause qu'il étoit le mari de ma mère ,

Comptoit pour grand honneur aux pasteurs d'aujourd'hui^

Que le prince autrefois étoit venu chez lui ,

Et que, durant ce temps, il* avoit l'avantage

De se voir salué de tous ceux du village.

a6 LA PRINCESSE D'ÉLIDE,

Baste. Quoi qu'il en soit, je veux par mes travaux.... Mais voici la princesse et deux de nos rivaux.

Page 1