‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 174 sur 310 · ACTE IV, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI

le supplice tle cette vie mênie dont je croyoîs qu'il devoît; être la joie et la consolation. De quel ceil , à votre avis , pensez<*vous que je paisse voir cet amas d^actions indignes , dont on a peine , aux yeuK du monde, d'adoucir le mauvais visage ; cette suite con« tinuelle de méchantes affaires , qui nous réduisent à toute heure à lasser les bontés du souverain, et qui ont épuisé auprès de lui le mérite de mes services, et le l^rédit de tues amis ? Ah , quelle bassesse est la vôtre ! Ne rougissez-vous point de mériter si peu votre maissance ? Êtes- vous en droit , dites - moi , d'en tirer ipielque vanité , et qu'avez-vous fait dans le monde pour être gentilbomme ? Croyez- vous qu'il suffise d'en porter le nom et lesarmes^ et qisece nous soit «ne gloire d'être sorti d'un sang noble , lorsque nous vivons en infâmes ? Non ^ non , la naissance n'est rien <m la vertu n'est pas. Aussi, nous n'avons part à la gloire de nos ancêtres qu'autant cpe nous nous efforçons de leur ressembler; et cet éclat de leurs actions qu'ils répandent sur nous , nous impose un engagement de leur faire Je même honneur, de suivre les pas qu'ils nous tracent , et de ne point dégénérer de leur vertu, si nous voulons être estimés leurs véritables descendafns. Ainsi, vous descendez en vain des aSeux dont vous êtes né ; ils vous désavouent pour leur sang , et tout ce qu'ih ont fait' d'illustre ne vous donne aucun avantage; au contraire, l'éclat n'en rejaillit sur vons €{n'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions. Apprenez enfin ,^

qu'un gentilhamme qui vit mal est un monstre dans la nature; que la vertu est le premier titre de noblesse; que je regarde bien moins au nom qu'on signe, qu'aux actions qu'on fait; et que je ferois plus d'état du fils d'un crocheteur, qui seroit honnête homme, que du fils d'un monarque, qui vivroit comme vous.

n. JUAjr.

Monsieur, si vous étiez assis , vous en seriez mieux pour parler.

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