‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 178 sur 310 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DONE ELVIRE , voilée, DON JUAN, SGANARELLE.

D. ELVIRE

Ne soyez point surpris , don Juan, de me voir à cette heure et dans cet équipage. C'est un motif pressant qui m'oblige à cette visite, et ce que j'ai à vous dire ne veut point du tout de retardement. Je ne viens point ici pleine de ce courroux que j'ai tantôt fait éclater, et vous me^ voyez bien changée de ce que j'étois ce matin. Ce n'est plus cette done Elvire qui faisoit des vœux contre vous, et dont l'âme irritée ne jetoit que menaces , et ne re^piroit que vengeance. Le ciel a banni de mon âme toutes ces indi* gnes ardeurs que je sentois pour vous , tous ces transports tumultueux d'un attachement criminel, tous ces honteux emportemens d'un amour terrestre et grossier, et il n'a laissé dans mon cœur, pour vous, qu'une flamme épurée de tout le commerce des s^ns, une tendresse toute sainte, un amour détaché de tout, qui n'agit point pour soi, et ne se met en peine que de votre intérêt.

D. J U A Jf , bas f à Sganarelle.

Tu pleures , je pense?

SGANARELLE

Pardonnez-moi.

D. ELVIRE

C'est ce parfait et pur amour qui me conduit ici pour votre bien , pour vous faire part d'un avis du

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