‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 184 sur 310 · D. LOUIS · texte numérisé non relu

D. LOUIS

l^uoi , mon fils ! seroii-il possible que la bonté du ciel eût exaucé mes vœux? Ce que vous. me dites est-il bien vrai ? Ne m'abusez-vous point d'un faux espoir, et puis^je prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle conversion?

D. JUAN

Oui , vous me voyez revenu de toutes mes erreurs, je ne suis plus le même d'hier au soir, et le ciel , tout d'un coup , a fait en moi un changement qui va surprendre tout le monde. Il a touché mon âme, et dessillé mes yeux ; et je regarde avec horreur le long aveuglement où j'ai été, et les désordres criminels de la vie que j'ai menée. J'en repasse dans mon esprit toutes les abominations, et m'étonne ^comme le ciel les a pu souffrir si long-temps , et n'a pas vingt fois , sur ma tête , laissé tomber les coups de sa justice redoutable. Je vois les grâces que sa bonté m'a faites en ne me punissant point dé mes crimes ; et je prétends en profiter comme je dois,

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