‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 216 sur 310 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MESSIEURS FILLERIN, TOMES, DESFONANDRÉS.

M. FILLERIir.

J\' AVEZ- VOUS point de honte, messieurs, de montrer si peu de prudence, pour des gens de votre âge, et de vous être querellés comme déjeunes étourdis? Ne voyez-vous pas bien quel tort ces sortes de querelles nous font parmi le monde, et n'est-ce pas assez que les savant voient les contrariétés et les dissensions qui sont entre nos auteurs et nos anciens maîtres, sans découvrir encore au peuple, par nos débats et nos querelles, la forfanterie de notre art? Pour moi, je ne comprends rien du tout à cette méchante-politique de quelques-uns de nos gens, et il faut confesser que toutes ces contestations nous ont décriés depuis peu d'une étrange manière, et que, si nous n'y prenons garde, nous allons nous ruiner nous-mêmes. Je n'en parle pas pour mon intérêt; car. Dieu merci, j'ai déjà établi mes petites affaires. Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il grêle, ceux qui sont morts, $ont morts, et j'ai de quoi me passer des vivans ; mais enfin , toutes ces disputes ne valent rien

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