ACTE III, SCENE IL
LISETTE
Un insolent , qui a eu reffrontcrie d'entreprendre sur votre métier; et, sans votre ordonnance, vient de tuer un homme d'un grand coup d'épée au travers du corps.
M. TOMÉS.
Écoutez, vous faites la railleuse; mais vous passerez par nos mains quelque jour.
LISETTE
Je vous permets de me tuer, lorsque j'aurai recours à vous.
SCÈN.E III.
CLITANDRE, enhabitdemédecin, LISETTE..
CI^ITANDRE.
Eh bien, Lisette, que dis-tu de mon équipage? Crois-tu qu'avec cet habit je puisse duper le bon homme ? Me trouves-tu bien ainsi ?
LISETTE
Le mieux du monde , et je vous attendois avec impatience. EnHn , le ciel m'a fait d'un naturel le plus humain du monde , et je ne puis voir deux amans soupirer l'un pour l'autre, qu'il* ne me prenne une tendresse charitable , et un désir ardent de soulager les maux qu'ils souffrent. Je veux, à quelque prix que ce soit , tirer Lucinde de la tyrannie oîi elle est , et la rfiettre en votre pouvoir. Vous m'avez plu d'abord ; je me connois en gens , et elle ne peut pas mieux choisir. L'amour risque des choses extraordinaires , et nous avons concerté ensemble une manière
de stratagème qui pourra peut-être nous réussir. Toutes no$ mesures sont déjà prises ; l'homme à qui nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde ; et, si cette aventure nous manque , nous trouverons mille autres voies pour arriver à notre but. Attendezmoi là seulement ; je reviens vous quérir.
( CliUndre se retire ^ns le fond âa théâtre. }