SGANARELLE, LUCINDE, CLITANDRE
LISETTE
LISETTE, àClitandre.
Tenez, monsieur, voilà une chaise auprès d'elle. (à Sganareiie. ) Allons, lalssez-Ies là tous deux.
SGANARELLE
Pourquoi? Je veux demeurer là.
JLÏSETTE.
Vous moquez-vous ? Il faut s'éloigner. Un médecin a cent choses à demander qu'il n'est pas honnête qu'un homme entende.
( Sganareiie et Lisette s'éloignent. ) CLITANDRE, bas,ÂLacinde.
Ah , madame! que le ravissement où je me trouve est grand , et que je sais peu par où vous commen-, cer mon discours! Tant que je ne vous ai parlé que des yeux , j'avois , ce me sembloit , cent choses à vous dire, et, maintenant que j'ai la liberté de vous parler de la façon que je souhaitois, je demeure interdit, et la grande joie où je suis étouJfTe toufes mes paroles.
LUCINDE
Je puis vous dire la même chose ; et je sens comme vous des mouvemens de joie qui m'empêchent de pouvoir parler.
CLITANDRE
Ah, madame! que je serois heureux, s'il étoit vrai que vous sentissiez tout ce que je sens, et qu'il ipe
34o UAMOUR MÉDECIN,
fût permis déjuger de votre âme parla mienne! Mais, madame, puis-je au moins croire que ce soit à tous à qui je doive la pensée de cet heureux stratagème qui me fait jouir de votre présence?
liUCINDE.
Si vous ne m'en devez pas la pensée, vous m'êtes redevable au moins d'en avoir approuvé la proposition avec beaucoup de joie.
s G A N A R*£ LL E , k Lisette.
Il me semble qu'il lui parle de bien près.
LISETTE, à S^narelle.
C'est qu'il observe sa physionomie, et tous les traits de son visage.
CLITANDRE, à Lacinde.
Serez- VOUS constante, madame, dans ces bontés que vous me témoignez?
LUCINDE
Mais, vous, serez* vous ferme dans les résolutions que vous avez montrées ?
CLITAITDRE.
Ah, madame! jusqu'à la mort. Je n'ai point de plus %tt*te envie que d'être à vous , et je vais le faire paroître dans ce que vous m'allez voir faire.
SGANARELLE, à Glitandre.
Eh bien ! notre malade ? Elle me semble un peu plus gaie.
CLITAWDRE.
C'est que j'ai déjà fait agir sur elle un de ces remèdes que mon art m'enseigne. Comme l'esprit a grand empire sur le corps , et que c'est de lui, bien