‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 236 sur 310 · ACTE I, SCifNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCifNE L

N*împosent qu'à dés gens qui lié sont point d'ici*. * '

On sait que ce pied-plat, digne qu'on le confonde,

Par de sales emplois s'est pousse dans le* monde,

Et que *par eux son sort , de âpletideur revêtu , '

Fait'groi}der le'mérite, et rougir la vertu ;

Quelques titk*eshonteux qu^entous lieux on lui donne,

Son misérable' honneur ne voit pour lui personne; •

Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,

Tout le monde en convient, et nul n'y tontrédit; '

Cependant sa griràace'ést partout bien venue, •

On l'accueille, on lui rit^'partDut il s'insinue;

Et s'il est, 'par la brigue, un raâg à disputer.

Sur le plus honnête homme on le voit Febiporter. '

Tétebleu ! ce me sont de mortelles blesâurts ,

De voir qu'avec le vice on garde des mesures ;

Et parfois il me prend des mouvemens so^udains

De fiiir dansim désert l'approche des humains.

PHILIlrtrE.

Mon Dieu ! desmœurs du temps mettons-nous mpinseti peine.

Et faisons un peu grâce à hà nature humaine;

Ne l'examinons point dans la' grande rigueur, '

Et voyons ses défauts avec quelque douceur.

Il faut, parmi le monde, une vertu traitable;

A force de sagesise, on peut être blâmaUe ;

La parfaite raison fuit toute extrémité,

Et veut que l'on soit sage avec sobriété. *

Cette grande roideur des vertus des vieux âges

Heurte trop notre siècle et les communs usages ;

Elle veut aux mortels trop de perfection :

Il faut fléchir au temps ^ns obstination ; *

Et c'est une folie, à nulle autre seconde, De vouldr se mêler de corriger le monde.

J'observe j comme vous^ cent choses tous les jciufs, Qui pourroientmieuï aller, prenant un autre cours* ) Mais, quoi qu'à chaque pas je puisse toir paroître, En courroux, comme whi^^ on ne me voit point être. Je prends tout doucement les hommescotume ils sont, raccoutume mon âme à souffrir ce qu'ils font ; Et je cr<ns qu'à la cour, de même qu'à la ville , Mon flegme est philosophe autant que votre hile.

▲ LGSStE.

Mais ce flegme, tnoosieur qui raisonnez si bien, Ce flegme pourra*t-il ne s'échaaffet de rien ? Et s'il faut, pai" hasard^ qu'un atni vjous trahisse^ Que , pour avoir Vos biens , on dresse un artifice , Ou qu'on tâche à semer de méchans bruits de vous, Yerrez^vous tout cela sans vous mettre en courroux?

PH%LIlfTS»

Oui , je vais ces défauts dont votre âme murmure, Comme vices ufiis à l'humaine nature/; Et mon.e^rit enfin n'est pas plus offensé De voir. un homme fourbe^ injuste, intéressé, Que de voir des vautours affamés de carnage, Des singes mal&isuns , et des loups pleins de rage.

AtCBSTE.

Je me verrai trahir, mettre en pièces, Voler, Sans que je sois.... Morbleu f^e ne veux pOÎAt parler. Tant ce rusonnement est plein d'impertinence!

FUILIATTS.

Ma for, vous feriex bien de. garder le silenee»

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