‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 238 sur 310 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux, Vous ayez pris chez loi ce qui charme vos yeux ; Et ce qui me surprend encore davantage, C'est cet étrango^'choix où vofte coeur s'engage. La sincère Éliante a xlu pehchant pour vous, La prude Âr^inùé vous voit d'un œil fort doux; Cependant a leurs vœux votre âme se refuse, Tandis qu'eti ses liens Céliinène Tamuse, De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant Semblent si fort donner dans les mœurs d'à-présent. ' D^oîi vient que, Jeur portant une haine mortelle, Vous pouvez bien souffrir ce qu'en fient cette beikf ? Ne sont-ce plus défauts dans un objet si doux? Ne les voyez-vous pas, ou les îexcusez-vous?

ALGESTE.

Non. L'amour que je sens pour cette jeune veiiv^ Ne fierme point mes yeux aux défauts qu'on lui treuve; Et je suis, quelque ardeur qu'elle m'ait pu donner, Le premier à les voir, comme à les condamner. Mais , avec tout cela, quoi que je puisse faire. Je confesse mon foible; elle a l'art de nie plaire : J'ai beau voir ses défauts, et j'ai beau l'en blâmer. En dépit qu'on en ait^ elle se fait aimer; Sa grâce est la plus forte; et, sans doute^'maflîunme. De ces vices du temps pourra purger son âme. ^

PHILIWTE.

Si vous faites cela ; vous ne ferez pas peu.

Vous croyez être donc aimé d^elle ?

ALGESTE.

Oui, parbleu.

SjS LE MISANTHROPE,

Je ne Taimerois pas , si je ne croyais Vètxe.

Mais si son amitié pour vous se fait paimtte^ JD'ou vient que vos maux irous oauteni de i'eimui?

▲ LCE8TE.

C'est qu'uncœurbienatteintveutqu onsoit tout àlui; Et je ne viens ici qu*à dessein 4e lui dire Tout ce que là^dessus ma passion m'inipire«

PHILINTE

Pour moi, si je n'a vois qu'à foitner des dësin, Sa cousine .Eliante auroit toua mes.aoupirs; Son cœur, qui vo«s estime, est solide et sincère. Et ce choix plus conforme étoit mieux votre affaire»

▲ LGBSTS*

Il est vrai : ma raison me le dit chaque jour; M^s la rais<>n n'est pas ce qui règle l'amour.

PHILIUTE.

Je crains fort pour vos feux , et Tespoir oii vous êtes Pourroit*,..

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