ACTE II, SCÈNE I
je ne puis souffrir qu'une âme qui fait profession d'un peu de fierté , ne trouve pas une honte horrible à (le telles foiblesses.
GINTHIE.
Eh! madame, il est de certaines foiblesses qui ne sont point honteuses, et qu'il est beau même d'avoir dans les plus hauts degrés de gloire. J'espère que vous changerez uii jour de pensée ; et , s'il plaît au ciel , nous verrons votre cœur avant qu'il soit peu....
Arrêtez. N'achevez pas ce souhait étrange. J'ai une horreur trop invincible pour ces sortes d'abaissemens ; et si jamais j'étois capable d'y descendre , je serois personne , sans donte , à ne me le point pardonner.
AGLANTE
Prenez garde , madame : l'Amour sait se venger des mépris que l'on fait de lui , et peut-être....
LA PRIINCESSE.
Non , non ; je, brave tous ses traits ; et le grand pouvoir qu'on lui donne n'est rien qu'une chimère , et qu'une excuse des foibles cœurs , qui le font invincible pour autoriser leur foiblesse.
CINTHIE
Mais enfin , toute la terre reconnoît sa puissance, et vous voyez que les dieux même sont assujettis à son empire. On nous fait voir que Jupiter n'a pas aimé j>our une fois , et que Diane même , dont vous affectez tant l'exemple, n'a pas rougi de pousser des soupirs d'amour^
Les croyances publiques sont toujours mêlées d'erreur. Les dieux ne sont point faits comme les fait le vulgaire ; et c'est leur manquer de respect, que de leur attribuer les foiblesses des hommes.