AVIS
Le dessein de rautetir étoît de traiter toute la comédie en vers; mais un commandement du roi qui pressa cette affaire , l'obligea d*acheirer le reste en prose, et de passer légèrement sur plusieurs scènes qu'il auroit étendues davantage s'il ayoit eu plus de loisir.
Pour moi , je tiens que cette passion est la plus agréable affaire de la yie , qu'il est nécessaire d'aimer pour vivre heureusement , et que tous les plaisirs sont fades y s'il ne s'y mêle un peu d'amour.
Pouvez-vous bien toutes deux, étant ce que vous êtes , prononcer ces paroles ? et ne devez- vous pas rougir d'appuyer une passion qui n'est qu'erreur, que foiblesse , et qu'emportement , et dont tous les désordres ont tant de répugnance avec la gloire de notre sexe ? Ten prétends soutenir l'honneur jusqu'au dernier moment de ma vie, et ne veux point du tout me commettre à ces gens qui font les esclaves auprès de nous, pour devenir un jour nos tyrans. Toutes ces larmes , tous ces soupirs , tous ces hom** mages, tous ces respects, sont des embûches qu'on tend à notre cœur , et qui souvent l'engagent à commettre des lâchetés. Pour moi, quand je regarde certains exemples, et les bassesses épouvantables où cette passion ravale les personnes sur qui elle étend ^ puissance , je sens tout mon cœur qui s'émeut; et