Acte i, scène il 38x
Vous montrer un sonnet que j'ai fait depuis peu. Et savoir s'il est bon qu'au public je l'expose.
ALC12STE
Monsieur, je suis mal propre à décider la chose , Veuillez m'en dispenser.
ORONTE
Pourquoi ?
J'ai le défaut l
D'être un peu plus sincère en cela qu'il ne faut.
OROITTE.
C'est ce que je. demande, et j'aurois lieu de plainte, Si, m'exposantà vous pour me parler sans feinte, Vous alliez me trahir, et me déguiser rien.
ALCESXE.
Puisqu'il vous plaît ainsi, monsieur, je le veux bien.
ORONTE
Sonnet C'est un sonnet. V espoir,... C'est une dame. Qui de quelque espérance avoit flatté ma. flamme. Vespoir,.,. Ce ne sont point.de ces grands vers pompeux Mais de petits vers doux, tendres et langoureux.
ALCESTE
Nous verrons bien.
ORONTE
L'espoir.,., Je ne sais si ïe style Pourra vous en paroître assez net et facile.
Et si du choix des mots vous vous contenterez.
ALCESTE
Nous allons voir, monsieur.
382 LE MISAI^THROPE,
OAOVTfi.
Au reita, tous saurez Que je n*ai demeuré qtt*un quart d'heure à le faire.
ALCESTE
Voyons, monsieur; le temps ne fidt rien à rafTâire.
OBOITTE lit L'ESPon 9 il est vm» nous soulage , £t nous berce un temps notre ennui , Mais y Philb « le triste arantage , Lor8q[ue rien ne marche après lui !
Je suis déjà charmé de ce petit morceau.
ALCKSTS, bM,àmUBU.
Quoi I voua avez le front éie trouver cela beau ?
OBONTE.
Vous eûtes de la complaisance ; Mais TOUS en deviez moins avoir y £t ne vous pas mettre en dépense ^ Pour ne me donner que l'espoir.
PHTX.1KTE.
Ah ! qu'en termes gaians ces chosesJà sont mises !
AtCESTE, faM,iPhilmi«.
£h quoi! vil complaisant, vous louez des sottises?
OROITTE.
S'il faut qu'une attente étemelle Pousse à bout l'ardeur de mon zèle, Le^épas sera mpn recours*
Vos soins ne m'en peuvent distraire; Belle Philis, on désespère , * Alors qu*on espère toujours*
PHILIWTE.
La chute en est jolie, amoureuse, admiraUe.