‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 279 sur 310 · ALCESTE, PHILINTE · texte numérisé non relu

ALCESTE, PHILINTE

^ ALCESTE

La résolution en est prise, vous dis-je.

PHILllfTE.

Mais , quel que soit ce coup , faut-il qu'il vous oblige....

ALCESTE

Non , vous avez beau faire, et beau me raisonner, Rien , de ce que je dis , ne me peut détourner; Trop de perversité règne au siècle où nous sommet, Et je veux me tirer du commerce des hommes.

Quoi ! contre ma partie on voit tout à là fois , L'honneur, la probité, la pudeur et les lois; On publie en tous lieux l'équité de ma cause , Sur la foi de mon droit mon âme se repose; Cependant, je me vois trompé par le succès, l'ai pour moi la justice , et je perds mon procès ! Un traître , dont on sait la scandaleuse histoire , Est sorti triomphant d'une fausseté noire !

Toute la bonne foi cède à sa trahison !

Il trouve, en m'égorgeant, moyen d'avoir raison! Le poids de sa grimace , oii brille l'artifice , Renverse le bon droit.et tourne la justice!

ACTÎ V, SCENE I. 441^

Il fait, par un arrêt , couronqer son* forfait;

Et , non content «mcor du tort que Ton me &it ,

Il court, pam^ le monde^ un livre abominable^

Et de qui la lecture .est méiçe condamnable ,

Un livre à âiéritc^ H dernière rigueur,

Dont le fourbe a le, frpnt de Q;ie faire Faujteur!

Et là-dessus ;Qn voit Oronte qui murmure,

Et tâche, méchamment, d'appuyer Tiinposture! ?

Lui , qui d'un honnête homme à la cour tient le rang ,

A qui je n'ai rien fait qu'être sincère et franc ;

Qui me vient , malgré moi, d'une ardeur empressée.

Sur des vers qu'il a faits , demander ma pensée;

Et, parce que j'en use avec honnêteté.

Et ne le veux trahir, lui, ni ta vérité.

Il aide à m'accabler d'un crime imaginaire !

Le voilà devenu mon plus grand adversaire !

Et jamais de son cœur jen'auiw de pardon ,

Pour n'avoir pas trouvé que son sonnet fût bon ! ^

Et les hommes , morbleu , sont faits de cette sorte !

C'est à ces actions que la gloire les porte!

Voilà la bonne foi, le zèle vertueux, * . ' '

La justice et l'honneur que Ton trouve chez eux!

Allons, c'est tropsouffrirleschagrinsqu'on nous forge,

Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge. '

Puisqu'entre humains ainsi vous vivez en vrais loupi.

Traîtres, vous ne m'aurez de ma vie avec vous.

PHILINTE. ' '

Je trorive un peu bien prompt le dessein où vous êtes, Et tout le mal n'est pas si grand que vous le faites. Ce que votre partie ose vous imputer

442 LE MISA^IfTHROPE,

M'a potDt eu le crédit ^e-irous faire arrêter; On voit son faux raj^ort lui-méaeie, ae détruire , Et c'est une action qui pourroît bien lui nuire.

AIiCSSTK. '

Lui ? De semblables tours il ne eraifit point Péclat, Il a permission d^étré fr)inc scétiérat ; Et , loin qu'à son <;rëdil nuise cette aventnre. On l'en i^rra démiin* en meilleure posture.

PHILINTÉ.

Enfin , il est constant qu'on n'a pas trop donné

Au bruit que, contre vous , sa malice a tourné;

De ce coté déjà vous n'avez rien à craindre ;

Et pour votre procès , dont vous pouvez vous plaindre^

Il vous est, en justice, aisé d'y revenir,

Et contre cet arrêt,...

AtC£ST^«

Non, je veux m'y tenir- Quelque sensil>le tort qu un tel arrêt me {a3se, Je me garderai bien de ivouloir qu'on le casse ; On y voit trop à plein le bon droit m^aité.

Et je veux qu'il de^çprç à h po^érit^, Comme i^jt^e marque insigne , un iamçui: (émoignsige De la méchanceté .4e«.hqmme3 de notr^^g^- Ce son^ vipgt mille fr;^nc& qu'ifip'en pourra coûter ; Maia poiu', vingt mille franc* j'aurai droit de p^t^ Contre l'iniquité de U nature humaine,

Et de nourvir pour ell^ iine immortelle h44^*

Mais enfin....

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