‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 286 sur 310 · ACTE y, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE y, SCENE IV

Tai du fond de votre âme une trop haute estime , Pour vous croire jamais capable d'un tel crime ; Mes yeux ont démenti leurs témoins les plus forts, Et l'amitié passant sur de petits discords.

J'ai bien voulu chez vous leur faire compagnie, Pour vous voir vous laver de cette calomnie.

ACASTE

oui, madame, voyons d'un esprit adouci, Gomment vous vous prendrez à soutenir ceci.

Cette lettre par vous est écrite à Clitandre.

CLITANDRE

Vous avez pour Acaste écrit ce billet tendre.

ACASTE, à Oronte et à Alcëste.

Messieurs, ces traits pour vous n'ont point d'obscurité , Et je ne doute pas que sa civilité , A connoître sa main n'ait trop su vous instruire ; Mais ceci vaut assez la peine de le lire :

« Vous êtes un étrange homme, Clitandre, de ce condamner mon enjouement, et de me reprocher « que je n'ai jamais tant de joie, que lorsque je ne ce suis pas avec vous. Il n'y a rien de plus injuste; ce et, si vous ne venez bien vite me demander par- « don de cette offense , je ne vous le pardonnerai de <c ma vie. Notre grand flandrin dé vicomte ...

Il devroit être ici.

(n Notre grand flandrin de vicomte **, par qui vous a commencez vos plaintes, est un homme qui ne « sauroit me revenir; et depiiis que je l'ai vu, trois a quarts d'heure durant , cracher dans un puits pour iif. 29

45o LE MISANTHROPE,

a faire des ronds, je n'ai pu jaihais prendre bonne (( opinion de lai. Pour le petit marquis....

C'est moi-même, messieurs, sans nulle vanité.

«r Pour le petit marquis, qui me tint hier long-temps ce la main , je trouve qu'il n'y a rien de si mince que « toute sa personne, et ce sont de ces mérites qui ce n'ont que la cape et l'épée. Pour Thomme aux ce rubans verts....

( à Aiceste. ) A VOUS le dé , mousieur.

(c Pour l'homme aux rubans verts, il me divertit (c quelquefois avec ses brusqueries et son chagrin a bourru; mais il est cent momens, où je le trouve « le plus fâcheux du monde. Et pour l'homme au «sonnet....

( à Oronte. ) Voici vot^e paquet.

a Et pour l'homme au sonnet » qui s^est jeté (tans d le bel esprit, et veut être auteur malgré tout le ce monde , }e ne puis me donner la peine d'écouter ce ce qu'il dit; et sa prose me fatigue autant que ses ce vers. Mettez- vous donc en tête que je ne me di- <f vertis pas toujours si bien que vous pensez ; que a je vous trouve à dire, plus que je ne voudrois^ ce dans toutes les parties oii l'on m'entraîne, et que ce c'est un merveilleux assaisonnement aux plaisirs ce qu'on goûte, que la présence des gens qu'on aime. »

CLlTAIfDRE.

. Me voici maintenant, moi. '

« Votre CUtandre, dont vous me palpiez, et qui fait

Page 1