SCÈNE VI
P. 45a, y. ao. Créance, pour croyance, ne se dit plus.
SCÈNE VIL P. 455 , y. 8. Puisque vous n* êtes point, etc. ; la construction a
paru embarrassée et louche dans ces deux yers.
OBSERVATIONS DE L'EDITEUR
SUR
« Utt cb'asseur/dit le célèbre M. Piron, qui se trouve en «( automne, au lever d'une belle ahrore, dans une plaine ou «c dans une forêt fertile en gibier , ne se sent pas le cœur « plus réjoui que dut Tétre l'esprit de Molière , quand 9 « après avoir fait le plan du Misanthrope , il entra dans ce « champ vaste où tous les ridicules du monde venoient se « présenter en foule et comme d'eux-mêmes aux traits qu'il « savoit si bien lancer. La belle journée du philosophe! « Pouvoit-elle manquer d'être l'époque du chef-d'œuvre de « notre 1;héàtre ? »*♦
Cette admirable comédie n'a guère plus d'action et de mouvement que celles de Térence ; mais que de conversations ! que de situations délicieuses ! que de traits inimitables \ que de tableaux offerts à nos regards ! C'est la société presque entière du milieu de Tautre siècle qui passe sous nos yeux. Combien de caractères différens f toujours soutenus jusqu'au dénouement le plus simple et le plus vrai I La coquette, la prude j les petits maîtres, Philinte, Oronte, servent tous à l'envi à faire\ sortir le caractère d'Alceste, le plus achevé et le plus singulier^ (dit le P. Rapin) * qui ait jamais paru sur le théâtre.
* Le même P. Bapin écrit à M. le comte de Bussy, en 1673 : « On « fait tous les objets plus grands qu'ils ne sont ; on fait un misan- « thrope plus misanthrope qu'il n'est... . Le génie du peuple est gros- « sier , il faut de grands traits pour le toucher. » On voit^ que du temps de Molière les hommes les plus habiles étoient bien loin de penser qu'il eut affoibli ce caractère.
OBSERVATIONS DE L'ÉDITEUR. 461