SCÈNE I
^ Oir èupprimoit , du temps de Molière y quatre vers de cette scène , où notre auteur parle de son École des Maris. Ces quatre vers commencent par £t crois voir en nous deux f etc.
*4 Non, l'amour que je sens pour cette jeune Yeuye
Ne ferme point mes jeux aux défauts qu'on lui treuye.
La Fontaine a employé ces deux mêmes rimes dans sa fable du Gland et de la Citrouille y ^livre .ix% imprimée pour la première fois eii 1678.
Dieu fait bien ce qu'il fait. Sans en chercher la preuve
Dans les citrouilles je la treuye.
C'est ainsi qu'il a mis dans sa fable des Poissons et du Cormoran, livre x^ émute pour émeute.
L'écrevisse en bâte s'en va Conter le cas : grande est l' émute , ^ On court, on s'assemble, on députe.
Ces petites licences étoicnt tolérées du temps de Molière et de La Fontaine, et l'on pourroit dire, à cet égard, avec M. de Voltaire :
Aimons jusqu'aux défauts heureux De leur mâle ^et libre éloquence.
Nos anciens poètes écrivoient treuve , comme l'a fait ici Molière. Voyez Ronsard , livre i , ode v :
Comme on voit l'orgueil d'un torrent Bouillonnant d'une trace neuve ,
Ravager tout cela qu'il treuve.
< ; Voyez aussi Malherbe , aux Ombres de Damon :
^ Qu'à peine en leur grand nombre une seule se treuve*
^ Les commentateurs de Boileau prétendent qae cette Célimène étoît une femme très connue à la cour , et la même que ce satirique peignit vingt-hnit ans après par ces vers :
Nous la Terroiis hanter les pins honteux brelans , Donner chez la Coma rendez-Tons anx galans , etc.
On doit voir , dans la différence des deux portraits , qae Molière ne prêta jamais à son art la licence de la satire , et qu'il évita scrupuleusement de peindre ce qui devoit rendre plus odieux que ridicule.
Nous ne pouvons trop appuyer sur cette obi^nration y que nous trouvons chez nos meilleurs écrivains. Voyez la Lettre sur la manque, par M. l'abbé Arnaud. On a déjà oublié (dit ce juge éclairé de tous nos arts) que la tragédie a son plaisir qui lui est propre, et que le ridicule est le fondement et Pâme de la comédie. Rîdicuhtm comœdiœfundamentum et anima, Demetr. Pbakr.