I.B SIÈCLE DE FEE
Je sais quels ennemis ont entrepris ma perte;
Leurs desseins sont connus , leur trame est découverte ;
Hais mon cour n'en est pas à tel point abattu. . . .
▲poLLoir.
Contre tant de grandeur, contre tant de vertu r
Tous les monstres d'enfer, unis pour ta défense^
Ne fereient qu'une foible et vaine résistance.
L'univers opprimé de ten joug rigoureux ,
Va goâter» par ta ftiite» mk destia phis hemrewc
U est temps de céder à la loi souveraine
Que t'imposent le& vosux de cette auguste reine c
U est temps de céder aux travaux glorieux
D'un roi favorisé de la terre et des cieux.
Mais ici trop long-temps ce différend m'arrête |
A de pKis doux combats cette b'ce s'apprête ; ^
Allons la faire ouvrir, et ployons des lauriers
Pour couronner le front de no» famenx guerriers.
9ft LES FETES DE VERSAILLES,
' Tous ces récits achevés , la course de bague comiAença, en laquelle, après que le roi eut fait admirer l'adresse et la grâce qu'il a en cet exercice ^ comme en tous les antres ^ et après plusieurs belles courses de tous les cheraliers , le duc de Guise, les marquis de Soyecourt et dé LaVallière demeurèrent à la dispute , dont ce dernier emporta le prix , qui fut une épée d'^^r emichie de diamans, avec des boucle» ^e baudrier de grande valeur , que donna la reine mère , et dont elle l'honora de sa main.
La nuit vint eepend^nt à la fin des courses , par la justesse qu'on ayoit eue à les commencer; et un nombre infini de lumières ayant éclairé tout ce beau lieu, l'on vit entrer dans la même place trente^^ quatre «coiveertans fort bien yétuSy qui dévoient précéder lel Saisons , et laisoient le plus agréable concert du monde.
Pendant que les Saisons se chargeoient de mets délicieux , qu'elles dévoient porter , pour servir devant leurs majestés lamfignifique coUation qui étoit préparée, les douze Signes du zodiaque et les quatre Saisons dansèrent dans le rond une des plus belles entrées de ballet qu'on eût encore vues. Le Printemps parut ensuite sur un cheval d'Espagne , repré- ^nté par mademoiselle Du Parc , qui , avec le sexe et les {ivantages d'une femme , faisoit voir l'adresse d'un homme. Son habit étoit vert , en broderie d'argent et en fleurs au naturel.
L'Été le suivoit , représenté par le sieur Iki Parc , sur un ' éléphant couvert d'une riche housse.
L'Automne , aussi avantageusement vêtu , représenté par le sieur LaThorillière , venoit après , monté sur un chameau.
L'Hiver, représenté par le sieur Béjart, sûivoit sur un ours.
Leur suite étoit composée de quarante-huit personnes , qui portoient sur leur tête de grands bassins pour la collation.
Le» douse premiers , couverts de fleurs, portoient,
PREMIERE JOURNÉE. gj
comme des jardiniers , des corbeilles peintes de vert et d'argent, garnies d'un grand; nombre de porcelaines, si Remplies de confitures et d'autres choses délicieuses de la saison , qu'ils ëtoient courbés sous cet agréable faix.
Douze autii'es , comme moissonneurs , vêtus d'habits Conformes à cette proJfession, mais fort riches, portoient des bassins de cette couleur incarnate qu'on remarque au soleil levant , et suivoient l'Ëtéi
Douze , vêtus en vendangeurs , étoient couverts de fei^lles de vigne , et de grappes de raisins , et "poitoient dans des paniers feuille-morte , remplis de petits bassins de cette même couleur , divers autres fruits et confitures , à la suite de l'Autonme»
Les douze derniers étoient des vieillards gelés 5 dont les fourrures et la démarche marquoient la froidure et la foiblesse , portant dans des bassins couverts d'une glace et d'une neige , si bien contrefaites , qu'on les eût prises pour la chose même , ce qu'ils dévoient contribuer a la collation , et suivoient l'Hiver.
Quatorze concertans de Paii et de Diane précédoient ces deux divinités^ avec une agréable harmcoate dé fiûtés et de musettes.
Elles venoient ensuite sur une machine fort ingénieuse , en forme .d'une petite montagne ou roche ombragée de plu-^ sieurs arbres; mais ce qui étoit plus surprenant, c'est qu'on la voyoit portée en l'air, sans que l'artifice qui la faisoit mouvoir, se put découvrir à la vue.
Vingt autres personnes les suivoient^ portant des viandes de la ménagerie de Pan et de la chasse de Diane.
Dix-huit pages du roi, fort richement vêtus ^ qui dévoient servir les dames à table, faisoient les derniers de cette troupe ; laquelle étant rangée , Pan , Diane et les Saisons se présentant devant la rieine , le Printemps lui adressa le prcNmier ces vers ! *
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'Z.S PRTITTEMPS, A. X. RSIKZ.
Entre toutes les fiears nouTellement écloses
Dont mes jardins sont embellu, Méprisant les jasmins, les œillets et les roses. Pour payer mon tribut j'ai fait choix de ces lis Que dès vos premiers ans tous avez tant chéris. Louis les fait briller du couchant à Taurore , Tout l'univers charmé les respecte et les craint; Mais leur règne est plus doux et plus puissant encore »
Quand ils brillent sur votre teint.