SCENE IL . i3x
Qui ? moi ? cela ne se peut pa».
Mon Dieu ! le calcul est juste ; et là-dessus je vous dirai franchement et en afni, comme vous m'avez fait promettre de vous parler, que le mariage n'est guère votre fait. C'est une chose à laquelle il faut que les jeunes gens peqsent bien mûrement avant que de la faire ; mais les g^ns de votre «âge n'y doivent point penser du tout ; et si l'on dit que la plus grande de toutes les folies est celle de se marier , je oe vois rien de plus mal à propos que de la faire, cette folie , dans la saison où nous devons être plus sages. Enfin, je vous eu dis nettement ma pensée : je ne vous conseille point de songer au mariage , et je vous trouverois le plus ridicule du monde, st, ayant .été libre jusqu'à cett^ heure, vous alliez vous charger aiaintenant de la plus pesante des chaînes.
Et moi, je vous dis que je suis résolu de me ma* rier, et que je ne serai point ridicule en épousant la fille que je recherche.
Ah^! c'est une autre chose. Vous ne m'aviez pas dit cela.
S.GANAREIXE.
c'est une fille qui me plaît, et que j'aime de tout mon cœur.
<>ÉRONIMO.
Vous l'aimez de tout votre cœur ?
i3a LE MARIAGE FORCE,
' SGANARELLE
Sans doute ^ et je l'ai demandée à son père.
GiROirilIfO.
Vous l'avez demandée ?
SGi^ITARELLE.
Oui. c'est un mariage qui se doit conclure ce soir , et j'ai donné ma parole.
GÉROiriMO.
Oh ! mariez-vous donc. Je ne dis plus mot. *
SGAKARELLE.
Je quitteroisle dessein que j'ai fait ^ ! Vous semblet-il, seigneur Géronimo , que je ne sois plus propre à songer à une femme ? Ne parlons point de Tâge que je puis avoir; mais regardons seulement les choses. Y a-t-il homme de trente ans qui paroisse plus frais et plus vigoureux que vous me voyez ? N'aije pas tous les mouvemens de mon corps aussi bons que jamais , et voit-on que j'aie besoin de carrosse ou de chaise pour cheminer? N'ai-je pas encore toutes mes dents les meilleures du monde? (n montre ses dents.) Ne fais-je pas vigoureusement mes quatre repas par jour, et peut-on voir un estomac qui ait plus de force que le mien? (U tousse.) Hem, hem, hem. Hé, qu'en dites-vous?
GiRONJMO.
Vous avez raison , je m'étois trompé. Vous ferez bien de vous marier.
SGAKARELLE.
J'y ai répugné autrefois; mais j'ai maintenant de puissantes raisons pour cela. Outre la joie que j'au-