SCENE II. i
rai de posséder une belle femme qui me dorlotera , et me viendra frotter lorsque je serai las; outre cette joie, dis-je, je considère qu'en demeurant comme je suis, je laisse périr dans le monde la race des Sganarelles; et qu'en me mariant, je pourrai me voir revivre en d'autres moi-mêmes; que j'aurai le plaisir de voir des créatures qui seront sorties de moi , de petites figures qui me ressembleront comme deux gouttes d'eau , qui se joueront continuellement dans la maison , qui m'appelleront leur papa quand je re* viendrai de la ville , et me diront de petites folies les plus agréables du monde. Tenez, il me semble déjà que j'y suis, et que j'en vois une demi*douzaine autour de moi.
GlÊROlfIMO.
Il n'y a rien de plus agréable que cela, et je vous conseille devons marier le plus vite que vous pourrez,
SGANARELI/S.
Tout de bon^ vous me le conseillez?
GJÉAOlflMO.
Assurément Vous ne sauriez mieux faire.
SGAITARELLE.
Vraiment, je suis ravi que vous me donniez ce conseil en véritable ami.
GÉRONIMO.
Eh ! quelle est la personne, s'il vous plaît, avec qui TOUS allez vous marier ?
SGAI^ÀREI'I'C*
Dorimène,
i34 LE MARIAGE FORCÉ,
V GÉBONIMO.
. Cette jeune Dorimène , si galante et si bien parée?
sgaNareLle.
Oui.
GÉROiriMO.
Fille du seigneur Alcantor ?
SGANARELI^E.
Justement
Et sœur d'un certain Alcidas^ qui se mêle de porter rëpée?
C'est cela.
G^ROKisrô.
Vertu de ma vie !
SGAKARStLlÉ:.
Qu'en dites-vous ?
GÉROirilÉO.
Bon parti ! Mariez-votis promptement.
SGANARELliE.
N'ai-je pas raison d'avoir &it ce choix?
géronimo.
Sans doute. Ah, que vous serez bien marié ! Dépêchez-vous de l'être.
SGANARELLE
Vous me comblez de joie de me dire cela. Jfe vous remercie de votre conseil^ et je Vous invite ce soir à mes noces.
GiROlflilKO.
Je n'y manquerai pas; et je veux y aller en masque, afin de les mieux honorer.