‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 96 sur 310 · MARPHURIUS, SGANARELLE · texte numérisé non relu

MARPHURIUS, SGANARELLE

MARPHURIUS

Que voulez-vous de moi , seigneur Sganarelle ?

SGA17ARELLE.

Seigne.ur docteur , j'aurois besoin de votre conseil sur une petite affaire dont il s'agit, et je suis venu ici pour cela, (à part.) Ah! voilà qui va bien. Il écoute le monde , celui^-ci.

i52 LE MARIAGE FORCÉ,

HAHPHUHIUS.

Seigneur Sganarelle, changez, s'il vous plaît , cette Ëiçoi> de parler ^. Notre philosophie ordonne de ne point énoncer de proposition décisive, de parler de tout avec incertitude , de suspendre toujours son jugement; et, par cette raisoh , vous ne devez pas dire , je suis venu , mais il me semble que je suis venu.

SGAIVARELLK.

Il me semble ?

Oui.

SGAIV^ARELLE.

Parbleu , il faut bien qu'il me semble , puisque cela est

MARPHURIUS

Ce n'est pas une conséquence ,• et il peut vous le sembler , sans que la chose soit véritable.

SGA2V AR£t,LE,

Comment! il n'est pas vrai que je suis venu?

MARPHURIUS

Cela est incertain , et nous devons douter . de tout.

SGANARELLE

Quoi ! je ne suis pas ici, et vous ne me parlez pas?

MARPHURIUS

Il m'apparoît que vous êtes là, et il me semble que je vous parle; mais il n'est pas assuré que cela soit.

SGAIVARELIiE.

£h, que diable ! vous vous moquez. Me voilà ^ et

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