MADRIGAL
A. DEUX SOEURS QUI LUI DEMaJîDOIEN'T UNE CHANSON.
Vous êtes belle , et votre sœur est belle ; Si j'eusse été Paris , mon choix eût été doux : La pomme auroit été pour vous , Mais mon cœur eût été pour elle.
N. B. Ces pièces , publiées depuis la mort de Montesquieu , l'ont été pour la première fois dans une éditiou des Lettres familières (Florence, 1768). On sait l'antipathie de Buffon, de Duclos et de Montesquieu pour la poésie; quand ils vouloient faire l'éloge d'un ouvrage, ils disoient ordinairement : Cest beau comme de la prose. Une dame sollicitoit depuis long-temps l'auteur de l'Esprit des Lois de lui faire des vers ; Montesquieu , pour la satisfaire , chargea son secrétaire de ce travail; celui-ci, qui n'étoit rien moins que poète, trouva plus facile de copier une pièce de poésie, à laquelle il fit les chaugementsqu'exigeoit la circonstance, et la remit à Montesquieu , qui se borna à lui ordonner de la mettre au net , et donna ces vers à la dame à laquelle il les destinoit, et qui s'empressa de s'en faire honneur. Laharpe racontoit cette anecdote à ses élèves et à ces nombreux amphitryons. D montroit le vieux recueil dans lequel il avoit découvert 'la pièce originale. Ce plagiat, dont Montesquieu auroit été comphce sans le savoir , n'est remarquable que par sa singularité.