‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 105 sur 341 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des miaistres de la religion. ^

Les premiers hommes, dit Porphyre, ne sacrifioient que de Therbe. Pour un culte si simple , chacun pouvoit être pontife dans sa famille.

Le désir naturel de plaire à la divinité multiplia les cérémonies ; ce qui fit que les hommes, occupés à Tagriculture , devinrent in<fbpables de les exécuter toutes, et d^en remplir les détails.

On consacra aux dieux des lieux particuliers;

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il fallut qu^il y eut des ministres pour en prendre soin y comme chaque citoyen prend soin de sa maison et de ses affaires domestiques. Aussi les peuples qui n^ont point de prêtres sont-ils ordinairement barbares. Tels ëtoient autrefois les Pëdaliens (i), tels sont encore les Wolgusky (â).

Des gens consacrés à la diyinifë deroient être honores, surtout chez les peuples qui s'ëtoient forme une certaine idée d^une pureté corporelle, nécessaire pour approcher des lieux les plus agréables aux dieux, et dépendante de certaines pratiques.

Le culte des dieux demandant une attention continuelle, la plupart des peuples furent portés à faire du clergé un corps séparé. Ainsi, ches les Égyptiens, les Juifs, et les Perses (3), on consacra à la divinité de certaines faimilles qui se* perpétuoient , et &isoient le service. Il y eut même des religions où Ton ne pensa pas seulement à éloigner les ecclésiastiques des affaires » mais encore à leur 6ter rembarras d^une famille; et c'est la pratique de la principale branche de la loi chrétienne.

(i) ^Uos (rtraldaty pag. 796.

(a) Peaple de la Sibérie.Voyes la relation de M. Éverard labraodj- Ides, dans le Recueil des Voyages da nord , tome VIII. (5) Voyes M. Hyde.

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Je ne parlerai point ici des conséquences de la loi du cëlibat : on sent qu'elle pourroit devenir nuisible à proportion que le corps du clergë seroit trop ëtendu , et que par conséquent celui des laïques ne le seroit pas assez.

Par la nature de Pentendement humain , nous aimons, en fait de religion, tout ce qui suppose un effopt, comme » en matière de morale , nous aimons spëculativement tout ce qui porte le caractère de la sëTérité. Le cëlihat a ëtë plus agréable aux peuples à qui il sembloit convenir le moins, et pour lesquels il pouvoit avoir de plus Ûcheuses suites. Dans les pays du midi de TEurope^ où par la nature du climat , la loi du cëlibat est plus difficile à observer, elle a ëtë retenue; dans ceux du nord , où les passions sont moins vives, elle a ëtë proscrite. Il y a plus : dans les pays où il y a peu d^habitans, elle a ëtë admise; dans ceux où il y en a beaucoup, on Ta rejetëe. Qn sent que toutes ces rëflexions ne portent que sur la trop grande extension du cëlibat , et non sur le cëlibat même.

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