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grand ipëpris pour les mosquées (i). Ce priii' ce (s) interrogea les mahométans ; il approuva tous leurs dogmes , excepte celui qui porte la nécessite d'aller à la Mecque ; il ne pouvoit comprendre qu^on ne pût pas adorer Dieu partout. Les Tartares , n'habitant point de maisons , ne connoissoient point de temples.
Les peuples qui n'ont point de temples ont peu d^attachement pour leur religion : voilà pourquoi les Tartares ont été de tout temps si tolërans (3); pourquoi les peuples barbares qui conquirent Tempire romain ne balancèrent pas un moment à embrasser le christianisme ; pour^ quoi les sauvages de TAmérique sont si peu at^ tachés à leur propre religion ; et pourquoi , depuis que nos missionnaires leur ont fait bâtir au Paraguay des églises , ils sont si fort zélés pour la nôtre.
Comme la divinité est le refuge des malheureux, et quMl n'y a pas de gens plus malheureux que les criminels, on a été naturellement porté à penser que les temples étoient un asile poui*
(i) Entrant dans la mosquée de Bachara , il enleva l'alcoran , et le jeta sons les pieds de ses chevanz. Histoire des Tattars , partie IiI,pages7S.
(s) IbU. , page 34 a.
(3) Cette disposition d'esprit a passé jusqu'au Japonais, qui tirent leur origine des Tartares , comme il est aîsé de le pronrer. IV. 11
l6â DE L^ESPRIT DES LOIS.
eux; et cette idëe parut encore plus naturelle chez les Grecs, où les meurtriers, chassés de leur ville et de la présence des hommes , sembloient n^avoir plus de maisons que les temples, ni d^autres protecteurs que les dieux.
Ceci ne regarda d^abord que les homicides inyolontaires ; mais, lorsqu^on y comprit les grands criminels, on tomba dans une contradiction grossière : s^ils avoient offensé les hommes , ils avoient à plus forte raison offensé les dieux.
Ces asiles se multiplièrent dans la Grèce. Les temples, dit Tacite (i), étoient remplis de débiteurs insolvables et d^esclaves méchans; les magistrats avoient de la peine à exercer la police; le peuple protégeoit les crimes des hommes, comme les cérémonies des dieux; le sénat fut obligé d^en retrancher un grand nombre.
Les lois de Moïse furent très-sages. Les homicides involontaires eloient. innocens, mais il$ dévoient être ôtés de devant les yeux des parens du mort : il établit donc un asile pour eux (2). Les grands criminels ne méritent point d^asile ; ils n'en eurent pas (3). Les Juifs n*a-
(1) Annales , Ut. III , S ^* (a) Nombr. , chap. xzxt , v. i4.
(5) /6m/., V. 16 et mv.
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Toient qu^un tabernacle portatif, et qui changeoit continuellement de lieu*^cela excluoit Fidëe d'asile. Il est yrai quHls dévoient ayoir un temple; mais les criminels qui y seroient venus de toutes parts , auroient pu troubler le service divin. Si les homicides avoient été chasses hors du pays, comme ils le furent chez les Grecs, il eût ëtë à craindre qu^ils n^adorassent des dieux étrangers. Toutes ces considérations firent établir des villes d^asile, où Ton devoit rester jusqu^à la mort du souverain pontife.