‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 113 sur 341 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Du changement de religion.

Un prince qui entreprend dans son ëtat de détruire ou de changer la religion dominante s'expose beaucoup. Si son gouyemement est despotique , il court plus de risque de voir une rë- Tolution , que par quelque tyrannie que ce soit, qui n'est jamais dans ces sortes dVtals une chose nouvelle. La révolution vient de ce qu'un ëtat ne change pas de religion , de mœurs et de manières dans un instant, et aussi vite que le prince publie l'ordonnance qui ëtablit une religion nouvelle.

De plus , la religion ancienne est liëe avec la constitution de l'ëtat, et la nouvelle n'y tient point : celle-là s'accorde avec le climat , et souvent la nouvelle s'y refuse. Il y a plus : les citoyens se dëgoûtent de leurs lois ; ils prennent du mépris pour le gouvernement déjà établi ; on substitue des soupçons contre les deux religions , à une ferme croyance pour une ; en un mot, on donne à l'état, au moins pour quelque

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