CHAPITRE IV
Continuation du même sujet.
GoNDEBAlTD, roi de Bourgogne, Voulôit que, si la femme , ou le fils de celui qui avoit volé, ne révéloit pas le crime , ils fussent réduits en esclavage (2). Cette loi étoit^ contre la nature. Comment une femme pouvoit-elle être accusatrice de son
(1) .Voyez la loi v, an code de repudiis ei judieio de marikus ««• (a) Loi des Bourgaignons, fit. 4i«
Liv. XXVI, CHAP. ly. 191
mari ? Comment un fils pouvoit-il être accusateur de son père ? Pour venger une action criminelle, il en ordonnoit une plus criminelle encore.
La loi de Recessuinde permettoit aux enfans de la femme adultère , ou à ceuic de son mari, de Taccuser, et de mettre à la question les esclaves de la maison (1 ). Loi inique , qui , pour conserver les moeurs, renversoit la nature, d'où tirent leur origine les msurs.
Noos voyons avec plaisir sur nos théâtres un jeune hëros montrer autant d^horreur pour découvrir le crime de sa belle -mère qull en avoit eu poiur le crime même : il ose à peine , dans sa surprise, accusé, jugé, condamné, proscrit, et couvert dMnfamie , faire quelques réflexions sur le sang. abominable dont Pbèdre est sortie: il abandonne ce qu^l a de plus cher, et Fobjet le plus tendre, tout ce qui parle à son coeur, tout ce qui peut Tindigner; pour aller se livrer à la vengeance des dieux, qu'il n'a point méritée. Ce sont l'es accens de la nature qui causent ce plaisir; c'est la plus douce de toutes les voix.
(1) Dana le code dei Wûigotlif , Ut. III , tit. 4 , S li.
192 DE l'esprit des LOIS.