‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 142 sur 341 · LIV. XXVI, CHAP. XIV. 2l · texte numérisé non relu

LIV. XXVI, CHAP. XIV. 2l

et les enfans , les frères et les sœurs , sont défendus pour la conservation de la pudeur naturelle dans la maison, servira à nous faire découvrir quels sont les mariages défendus, par la loi naturelle, et ceux qui ne peuvent Tétre que par la loi civile.

Comme les enfans habitent ou sont c*ensës habiter dans la maison de leur père, et par conséquent le beau-fils avec la belle-mère, le beaupère avec la belle-fille, ou avec la fille de sa femme, le mariage entre eux est défendu par la loi de la nature. Dans ce cas, Fimage a le même effet que la réalité, parce quVlle a la même cause : la loi civile rie peut ni ne doit permettre ces mariages.

Il y a des peuples chez lesquels, comme )'ai dit, les cousins. germains sont regardés comme firères , parce quMls habitent ordinairement dans la même maison; il y en a oii on ne connoit guère cet usage. Chez ces peuples, le mariage entre cousins germains doit être regardé comme contraire à la nature ; chez les autres , non.

Mais les lois de la nature ne peuvent être des lois locales. Ainsi, quand ces mariages sont défendus ou permis, ils sont, selon les circonstances, permis ou défendus par une loi civile.

Il n^est point d^un usage nécessaire que Je

2l4 DS l'esprit des LOIS.

beau-frère et la belle-sœ\ir habitent dans la même maison. Le mariage n^est xlonc point défendu entre eux pour consenrer la pudicitë dans la maison; et la loi qui le permet ou le dëfend nVst point la loi de la nature , mais une loi ciyile qui se règle sur les circonstances, et dépend des usages de chaque pays : ce sont des cas où les lois dépendent des mœurs et des manières.

Les lois civiles défendent les mariages lorsque , par les usages reçus dans un certain pays , ils se trouvent être dans les mêmes circonstances que ceux qui sont défendus par les lois de la nature ; et elles les permettent lorsque les mariages ne se trouvent point dans ce cas. La défense des lois de la nature est invariable , parce qu^elle dépend d^une chose invariable , le père , la mère et les enfans habitant nécessairement dans la maison. Mais les défenses des lois civiles sont accidentelles , parce qu'elles dépendent d'une circonstance accidentelle, les cousins germains et autres habitant accidentellement dans la maisofl.

Cela explique comment les lois de Moïse , celles des Égyptiens et de plusieurs autres peuples (i), permettent le mariage entre le beau- Ci) Voyez la loi viii, au code de meêtîis si inutUibus nuptiU,

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