‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 144 sur 341 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Qu'il ne fout point régler par les pfiDoîpe» du droit politique les choses qui dépeudeut des prîocipes du droit

Comme les hommes ont renoncé à leur indépendance naturelle pour vivre sous des lois politiques , ils ont renoncé à la communauté naturelle des biens pour vivre sous des lois civiles.

. (i) Lettres édifiantes, quatonième recueil, page4o3«

ai6 . DE l'esprit des lois.

Ces premières lois leur acquièreDt la liberlé^ ; les secondes , la proprie'té. Il ne faut pas décider parles lois de k liberté , qui, comme nous avons dit , n'est que Tempire de la cite , ce qui ne doit être décidé 'que par les lois qui concernent la propriété. C'est un paralogisme de dire que le bien particulier doit céder au bien public : cela n'a lieu que dans les cas où il s'agit de l'empire de la cité , c'est-à-dire de la liberté du citoyen : cela n'a pas lieu dans ceux où il est question de la propriété des biens, parce que le bien public est toujours que chacun conserve invariablement la propriété que lui donnent les lois civiles.

Cicéron soutenoit que les lois agraires étoient funestes , parce que la cité n'étoit établie que pour que chacun cGÇQservât ses biens.

Posons donc^our maxime que , lorsqu'il s'agit du bien public, le bien public n'est jamais que Ton prive un particulier de son bien , ou même qu'on lui en retranche la moindre partie par une loi ou un règlement politique. Dans ce cas, il faut suivre à la rigueur la loi civile , qui est le palladium de la propriété.

Ainsi , lorsque le public a besoin du fonds d^un particulier , il ne faut jamais agir par la rigueur de la loi politique : mais t'est là que doit triqmpher la loi civile , qui , avec des yeux de

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