LIV. XXVI, CHAP. XV
mère , regarde chaque particalier comme toute la cité même.
Si le magistrat politique veut faire quelque édifice public, quelque nouveau chemin, il faut qu^il indemnise : le public est, à cet égard, comme un particulier qui traite avec un particulier. C^est bien assez qu^il puisse contraindre un citoyen de lui vendre son héritage , et qu^il lui ôte ce grand privilège qu'il tient de la loi civile , de ne pouvoir être forcé d^aliéner son bien. ' Après que les peuples qui. détruisirent les Romains eurent abusé de leurs conquêtes mêmes , Tesprit de liberté les rappela à celui dVquilé ; les droits les plus barbares , ils les exercèrent avec modération ; et, si Ton en doutoit, il n^y auroit qu^à .lire Tadmirable ouvrage de Beaumanoir , qui écrivoitsur la jurisprudence dans le douzième siècle.
On raccommodoit de son temps les grands chemins , comme on fait aujourd'hui. Il dit que , quand un grand chemin ne pouvoit être rétabli, on en faisoit un autre , le plus près de lancien qu'il étoit possible ; mais qu'on dédommageoit les propriétaires aux frais de ceux qui tiroient quelque avantage du chemin (1). On se détermi-
(1) Le seigncar nommoit des prud'hommes poar faire la lerée mule paysan; les gentilshommes étoient contraints à la contriba^
2i8 D£ l'esprit des lois. ^
aoit pour lors par la loi civile ; on s^est dëterminë de nos jours par la loi politique.