‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 151 sur 341 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Qu*il ne faut pas décider par les lois politiques les choses qui appartiennent au droit des gens.

Les lois politiques demandent que tout homme soit soumis aux tribunaux criminels et civils du pays où il est, et à l'animadversion du souverain.

Le droit des gens a voulu que les princes s^en* voyassent des ambassadeurs ; et la raison , tirée de la nature de la chose , n'a pas permis que ces ambassadeurs dépendissent du souverain chez qui ils sont envoyés , ni de ses tribunaux. Us sont la parole du prince qui les envoie , et cette parole doit être libre. Aucun obstacle ne doit les empêcher d'agir. Us peuvept souvent dëplaire , parce qu'ils parlent pour un honmie indépendant. On pourroit leur imputer des crimes , s'ils pouvoient être punis pour des crimes ; on pourroit leursup-

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poser des dettes , s^ils pouvoient être arrêtés pour . des dettes^ Un prince qui a une fierté naturelle parlèrent par la bouche d'un homme qui auroit tout à craindre. Il faut donc suivre , à Tégard des ambassadeurs, les raisons tirées du droit des gens , et non pas celles qui dérivent du droit politique. Que s'ils abusent de leur être représentatif, on le fait cesser, en les renvoyant chea eux : on peut même les accuser devant leur maître , qui devient par -là leur juge ou leur complice.

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