CHAPITRE XX
Qu'il ne faut pas décider par les principes des lois civiles les choses qui appartiennent au droit des gens.
La liberté consiste principalement à ne pouvoir être forcé à faire une chose que la loi n'ordonne pas ; et on n'est dans cet ëtat que parce qu'on est gouverne par des lois civiles : nous sommes donc libres , parce que nous vivons sous des lois civiles.
Il suit de là que les princes, qui ne vivent point entre eux sous des lois civiles, ne sont point libres, ils sont gouvernés par la force : ils peuvent continuellement forcer ou être forcés. De là il suit que les traités qu'ils ont faits par force sont aussi obligatoires que ceux qu'ils auroient faits de bon gré. Quand nous , qui vivons sous des lois civiles , sommes contraints à faire quelque contrat que la loi n'exige pas , nous pouvons , à la faveur de la loi , revenir contre la violence : mais un prince, qui est toujours dans cet état dans lequel il force ou il est forcé, ne peut pas se
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plaindre d^un traite qu^on lui a £adt faire par vior lence. C^est comme s'il se plaignoit de son ëtat naturel : c^est comme s^il vouloit être princ^ à Fégard des autres princes « et que. les autres princes fussent citoyens à son ëgard; c^est*à-dire, choquer la nature des choses.