LIV. XXVIII, CHAP. XXIV. Sl
mettoit , en connoissance de cause , de prendre un champion ; et , pour quHl eût le plus grand intërêt à défendre sa partie, il avoit le poing coupe s'il ëtoit vaincu (i).
Quand on a fait dans le siècle passé des lois capitales contre les duels , peut-être auroit-il suffi d^ôter à un guerrier sa qualité de guerrier par la perte de la main, n'y ayant rien ordinairement de plus triste pour les hommes que de survivre à la perte de leur caractère.
Lorsque , dans un crime capital (â) , le combat se faisoit par champions , on mettoit les parties dans un lieu d'où elles ne pouvoient voir la bataille : chacune d'elles étoit ceinte de la corde qui devoit servir à son supplice , si son champion étoit vaincu.
Celui qui succomboit dans le combat ne perdoit pas toujours la chose contestée. Si , par exemple , Ton combattoit sur un interlocutoire , Tonne perdoit que Tinterloculoire (5).
(i) Cet usage, que l'on trouFe dann les capitulaires, subsistoit du temps de Beaumanoir. (Voyez le cbap. lxi , page 3i5.} (a) Beaumanoir , cbap. lziv, page'35o.
(3) Idem , cbap. lxi , page Sog.
3i8 DE l'esprit^des lois.