‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 22 sur 341 · LIY. XXII, CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIY. XXII, CHAP. XVII

les avantages. Dix personnes ont chacune mille ëcus de revenu en fonds de terre ou en industrie ; cela fait pour la naiion, à cinq pour cent, un capital de deux cent mille ëcus. Si ces dix personnes emploient la ino;itié de leurrevenu , cVst-à-dire cinq mille e'cus pour payer les intérêts de cent mille ëcus qu'elles ont empruntes à d^autres, cela ne fait eneore-pourrëtat que deux cent mille ^cus : e'est, dans lé langage des algéhristes, 200,000 ëtiUs-^iob\doo ëc^s-f- 160,000 ëcus = 200,000 ëéus. • '

Ce «qui* peut yetét daùs l'ciipeuri cVst qu'un papier qui représente la dette (Fune nation est un signe de richesse J'tfar il n'y a'qii'ùn ëtal riche qui puisse sotftjE^ir. un tel papier sans tomber dans la décadence : que s-il h^ tombe pas, il faut que Tëtat ait de -grâiides 'irichëssé^ d'ailleurs. Oh dit qu'il n-y a p^im de ihâl ; parce qu'il y a desiressoairces ootitrè 'te'niiaïi'ët on dit que le mal est un bien \ parce qne'^ies resisonrces surpassent le mal.

46 3E li^JBSPRIT DES LOIS.

•CHAPITRE XVIIl

Du pftieiDent des dettes puMif aes.

Ijl faut qu'il y ait une .proportion entre JVlat créancier et Tëtat débiteur.,Uétat peut être créancier à rinfini, maUil ne peut être débiteur qu'à un certain degré.; ei , quand on est parvenu à passer ce degré, le titre de créancier s'évanouit.

Si cet état, a encore un crédit qui n'ait pdint reçu d'atteinte , ii pourra fiûre ce qu'on a pratiqué si heureusement 4ans un élat d'Europe (i ); c'est de se procurer une grande -quantité d'es- .pèces, et flloffirif .à. tous, h& particuliers leur remboursieB9ent» à mo^qs. qu'ils ne veuillent réduire l'intérêt. Ei^;. effet, comme , 'lorsque l'état emprunt^., jCe aonfi les particuliers q«ii fixent k taux de rint^rjît» Joi^^ue ^l'^tar irebt fMfUs t'est à lui à le fixer. : • 1 ' • : *•

Il ne suffit pas de réduire l'intérêt, il faut que le bénéfice de la réduction forme un fonds d'amortissement pour payer chaque année une partie des capitaux; opération d'autant plus heureuse que le succès en augmente tous les jours.

(i) L'Angleterre.

IilV. 4X11, CHAP. XVIIÏ. 47

lf6iV<jué le crédit de Fétat n^est pas entier^ c'iesl Vidié ùoruTèlle raison pour chercher à former un fondis 'd^aittiortidsement, parce que ce fonds xme fois établi rend bientôt la coiffiance.

!• Si PëUrtest une répilrblique, dont le gou- TeroemeiA €t>ttij>orte paT sa tiatùre q^e Ton y Cftsee des projets <paur long-tiehips, le cslpital du fonds d'attiôtlissetoént peut 'être peu considérable : il fsfût, dë!à$ une Hhûûak'cfiié, que ce' ta* |>ital s<tit ]^ns grand.

2^ Les règlemens doivent être tels/ que tous les citoyens de Tétat portent le poids de rétablissement de^e fonds , parce qu^ils ont tous le poids de rétablissement de, la dette; .le créancier de Tétat, par les sommes quHl contribue , payant lui-même à lui-même. . /:

3^ Il y a quatre classes de gens qui paient les dettes dcr.rétajt : les prQjpri^t$|irfes dfi& ù»^s^de terre., ceux qi|i :e^^rcent^ .^ur. i¥i4ustrie.||ai; Iç négoce, les. l^pureura et aftûans^ enfin l^jceiphtiers de l état ou des parlâçiilierf. De qes ^uatr^ classes , ^a dernière , dan$| i^p , f:^ . .de . ^^^«^lé » sen^bleroit devoir être .la.mpins méqagée,, pairc^^ que c'est une classe entièrjemeiit passite daqis Fétat , tandis que ce même état est soutenu par la force active des trois autres. Mais y comme on ne peut la charger plus sans détruire làcôilfisiMbë

48 DE l'espkit des lois.

publique, dont Tétat en gênerai, et ces t^is classes en particulier, ont un souverain besoin; comme la foi publique ne peut manquer à un certain nombre de citoyens sans parottre maa* quer à tous; comme la classe des créanciers. est toujours la plus exposée aux projets des minis*' très, et qu^elIe est toujours sous les yeux et saus la main, il fiaiut que Tétat lui accorde une singulière protection, et que la partie débitrice n'aii jamais le moindre avantage sur celle qui est créancière.

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