LIV. XXVIÏI, CHAP. XXXVII
les princes ne trouvent partout que de Tobéis^ sance. Car, s'il est vrai quMl ne faut pas changer lorsque les inconvëniens égalent les avantages , encore moins le faut-il lorsque les avantages sont petits , et les inconvéniens immenses. Or, si Ton fait attention à IVtat où ëtoit pour lors le royaume , où chacun s'enivroit de Fidëe de sa souveraineté et de sa puissance , on voit bien qu'entreprendre de changer partout les lois et les usages reçus , c'ëtoit une chose qui ne pouvoit venir dans Tesprit de ceux qui gouvemoient. Ce que je viens de dire prouve encore que ce code des Etablîssemens ne fut pas confirme , en parlement ^ par les barons et gens de loi du royaume , comme il est dit dans un manuscrit de rhôtel de ville d'Amiens , cité par M. Ducange ( i ) .On voitdans les autres manuscrits que ce code fut donné par saint Louis , en Tannée 1 270 , avant qu'il partit pour Tunis. Ce fait n'est pas plus vrai ; car saint Louis est parti en 1 269, comme l'a remarqué M. Ducange ; d'où il conclut que ce code auroit été publié en son absence. Mais je dis que cela ne peut pas être. Comment saint Louis auroit-il pris le temps de son absence pour faiire une chose qui auroit été une semence de troubles , et qui eût pu produire , non pas des
(1) Piiface Mir les Établissemeiu.
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changemens , mais des rëvolutions ? Une pareille entreprise avoit besoin plus quVne autre d'être suivie de près , et n'ëtoit point Touvrage d^une régence foible, et même, composée de seigneurs qui avoient intérêt que la chose ne réussit pas.. C'étoit Matthieu, abbé de Saint-Denis; Simon de Clermont , comte de Nesle ; et , en cas de mort, Philippe, éyêque d^Eyreux; et Jean, comte de Ponthieu. On a vu ci-dessus (i) que le comte de Ponthieu s'opposa dans sa seigneurie à Texécution d'un nouvel ordre, judiciaire.
Je dis , en troisième, lieu , qu'il y a grande apparence que le code que nous avons est une chose différente des Etablissemens de saint Louis sur l'ordre judiciaire. Ce code cite les Etablissemens; il est donc un ouvrage, sur les Etablissemens , et non pas les Etablissemens. De plus , Beaumanoir , qui parle souvent des Etablissemens de saint. Louis, ne cite que des Etablissemens particuliers de ce prince , et non pas cette compilation des Etablissemens. Défontaines, qui écrivoit sous ce prince (â), nous parle des deux premières fois que l'on exécuta ses Etablissemens sur l'ordre judiciaire , comme d'une chose reculée. Les Etablissemens de saint Louis étoient
(i) Ghap. zxix.
(a) YoyexGi-detsiulecluip. zziz.