‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 243 sur 341 · IV · texte numérisé non relu

IV

37Q DE l'esprit des lois.

Ainsi les lois de saini Louis changèrent moins la jurisprudence française qu'elles ne donnèrent des moyens pour la changer; elles ouvrirent de nouveaux tribunaux , ou plutôt des voies pour y* arriver; et quand on put parvenir aisément à celui qui avoitune autorité générale , les jugemens, qui auparavant ne £aiisoient que les usages d'une seigneurie particulière , formèrent une jurisprudence universelle. On étoit parvenu par la force des Ëtablissemens à avoir des décisions générales, qui raanquoient entièrement dans le royaume : quand le bâtiment fut construit, on laissa tomber l'échafaud.

Ainsi les lois que fit saint Louis eurent des effets qu'on n'auroit pas dû attendre du chefd'œuvre de la législation. Il faut quelquefois bien des siècles pour préparer les changemens ; les événeraens mûrissent , et voilà les révolutions.

Le parlement jugea en dernier ressort de presque toutes les affaires du royaume. Auparavant il ne jugeoit que de celles qui étoient entre les ducs, comtes, barons, évéques, abbés (i), ou entre le roi et ses vassaux (â), plutôt dans le

(i) Voyez du Tillet , sur la cour des pairs. Voyei aussi La Roche- FlaTÎn » Ut. I , chap. m ; Biidée , et Paul Emile.

(a) Les autres affaires étoient décidées par les tribunaux ordinaires.

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