CHAPITRE I
De l'esprit du législateur.
Je le dis, et il me semble que je n'ai fait cet ouvrage que pour le prouver : l'esprit de moderation doit être celui du législateur ; le bien politique , comme le bien moral , se trouve toujours entre deux limites. £n voici un exemple.
Les formalités de la justice sont nécessaires à la liberté. Mais le nombre en pourroit être si grand qu'il choqueroit le but des lois mêmes qui les auroient établies : les afi&ires n'auroient point de fin ; la propriété des biens resteront incertaine ; on donneroit à l'une des parties le bien de l'autre sans examen, ou on les ruineroit toutes les deux à force d'examiner.
Les citoyens perdroient leur liberté et leur sûreté ; les accusateurs n'auroient plus les moyens
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de convaincre, ni les accusés le moyen de se justifier.