‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 26 sur 341 · LIV. XXII, CHAP. XXI. 5r · texte numérisé non relu

LIV. XXII, CHAP. XXI. 5r

à le flatter, et à lui faire faire les lois qui luiëtoient les plus agréables. Il retrancha les capitaux; il diminua les intërèts ; il défendit d^en prendre ; il ôta les contraintes par corps ; enfin , Tabolition des dettes fut mise en question toutes les fois qu^un tribun voulut se rendre populaire.

Ces continuels changemens , soit par des lois , soit par des plébiscites , naturalisèrent à Rome rosure ; car les créanciers, venant le peuple leur débiteur, leur législateur et leur juge, n^eurent plus de confiance dans le& contrats. Le peuple , comme un débiteur décrédité ^ netentoit à lui prê^ ier (i) que par de gros profits ; d^autant plus que , si les lois ne venoient que de temps en temps , les phiintes du peuple étoient continuelles , et intimidoient toujours les créanciers. Cela fit que tons les moyens honnêtes de prêter et d'emprunter furent abolis à Rome , et qu^une usure affireuse, toujours foudroyée et toujours renaissante, s*j établit (2). Le mal yenoit de ce que les choses n'avoient pas été ménagées. Les lois extrêmes dans le bien font naître le mal extrême. 11 fallut payer pour le prêt de Targent, et pour le danger des peines de la loi.

(1) Oo fit 4aM preaqae tostet les éditioQft modernei anprunter, an liea de lui prêter.

(1) Tacite, Annales, liv. VI , $ 16 et luiv.

52 DE l'esprit des lois.

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