CHAPITRE XII
Que les lois qui paroissent les mêmes sont réellement quelquefois différentes.
Les lois grecques et romaines punissoient le . receleur du vol comme le voleur ( i ) ; la loi française fait de même. Celles-là ëtoientraisonnables, celle-ci ne Test pas. Chez les Grecs et chez les Romains , le voleur ëtant condamné à une peine pécuniaire, il falloit punir le receleur de la même peine : car tout homme qui contribue de quelque façon que ce soit à un do'himage doit le réparer. Mais parmi nous, la peine du vol étant capitale, on n^a pas pu, sans outrer les choses, punir le receleur comme le voleur. Celui qui reçoit le vol peut, en mille occasions, le recevoir innocemment ; celui qui vole est toujours coupable : Tun empêche la conviction d'un crime déjà commis, Fautre commet ce crime : tout est passif dans Tun , il y a une action dans Tantre ; il faut que le voleur surmonte plus d'obstacles, et que son âme se roidisse plus long-temps contre les lois.
(i) Leg. 1 • ff. </« reeeptaioribus.