‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 273 sur 341 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Qu'il ne faut point séparer les lois des circonstances dans lesquelles elles ont été faites.

Une loi d^Athènes vouloit que , lorsque la ville ëtoit assiégée , ou fît mourir tous les geVis inu-tiles (i). Cétoit une abominable loi politique, qui étoit une suite <)^un abominable droit* des gens. Chez les Grecs , les' babitans d^line ville prise perdoient la liberté civile , et étoient vendus comme esclaves i la prise. d'ube ville emportoit son entière destruction, et c^est' Torigine non-seulement de ces défenses opiniâtres et.de ces actions dénaturées, mais encore de ces lois atroces que Ton fit quelquefois.

(i) InulUis œtas oceidatur, ( Syrian. , in Hermog. )

4o6 0K l'esprit des lots.

Les lois romaines yoaloient que les médecin» pussent lètre punis pour leur négligence ou pour leur irùpérilie (i). Dans ce cas, elles condamnoient à «la déportation le médecin d'une condition un peu relerée» et à la mort celui qui étoit d'une condition plus basse. Par nos lois il en est autrement. Les lois de Rome n'avoient pas été faites dans les mêmes circonstances que les nôtres : à Rome, s'ingéroit de la médecine qui ▼ouloit; mais parmi nous les médecins sont obligés de faire des études et de prendre certains grades; ils sont donc censés connoitre leur art.

Page 1