CHAPITRE I
Des hommes et des animaux, par rapport A la multiplication de leur espèce.
O Yënus I d mère de rAmour l
Dès le premier beau jour <pie ton astre ramène , Les zéphyrs font sentir leur amoureuse haleine , La terre orne son sein de brillantes couleurs , Et Pair est parfumé du doux esprit des fleurs. On entend les oiseaux , frappés de ta puissance , Par mille sons lascifs célébrçr ta présence : Pom* la belle génisse on voit les fiers taureaux Ou bondir dans la plaine , ou traverser les eaux. Enfin les habf tans des bois et des montagnes , Des fleuves et des mers, et des vertes campagnes, . Br'ûlant, à ton aspect, d'amour et de désir, S'engagent à peupler par l'attrait du plaisir : Tant on aime à te suivre , et ce charmant empire Que donne la beauté sûr tout ce qui respire (i).
(i) Tradaction do commencement de Lucrèce, par d'Hemaut.
6d DE l'esprit des lois.
Les femelles des animaux ont à peu près une £^conditë constante. Mais, dans Tespèce humaine, la manière de penser, le caractère , les passions, les fantaisies, les caprices, Tidée de conserver sa beautë, Fembarras de la grossesse, celui d^une famille trop nombreuse , troublent la propagation de mille manières.