‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 47 sur 341 · CHAPITRE XVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVL

Des vaes du législateur sur la propagation de Tespèce.

Les règlemens sur le nombre des citoyens dépendent beaucoup des circonstances. Il y a des pays où la nature a tout fait; le législateur

8o DE l'esprit des lois.

n^ ^ donc rien à faire. Â quoi bon engager, par des lois , à la propagation lorsque la fécondité du climat donne assez de peuple ? Quelquefois le climat est plus favorable que le terrain; le peuple s'y multiplie , et les famines le détruisent : c'est le cas oii se trouve la Chine; aussi un père y vend-il ses filles , et expose ses enfans. Les mêmes causes opèrent au Tonquin les mêmes effets (i); et il ne faut pas, comme les voyageurs arabes dont Renaudot nous a donné la relation (2) , aller chercher Topinion de la métempsycose pour cela.

Les mêmes raisons font que dans l'île Formose (3) la religion ne permet pas aux femmes de mettre des en£ams au monde qu'elles n'aient trente-cinq ans : avant cet âge , la prêtresse leur foule le ventre , et les £adt avorter.

(1) Voyage de Dampier , tome III , page ii,

(2) Page 167.

(3) Voyez le Recueil des Voyages qui ont aerri à rétabljBaemeni de la compagnie des Indes , tome V , part. I , pages 18a et 188.

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