CHAPITRE I
, Des religions en général.
Comme on p«ut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds, ainsi Ton peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société' ; celles qui , quoiqu'elles n'aient pas Feffet de mener les hommes aux félicités de l'autre Tie, peuyent le plus contribuer à leur bonheur dans celle-ci.
Je n'examinerai donc les diverses religions du monde que par rapport au bien que l'on en tire dans l'état civil , soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel , ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.
LIY. XXIV, CHAP. I. 119
Comme dans cet ouvrage je ne suia point théologien, mais ëciÎTain politique, il pouiroity avoir des choses qui ne seroient entièrement vraies que dans une fsiçon de penserhumame', n'ayant point ëtë considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.
A regard de la vraie religion , il ne faudra que très-peu d^équité pour voir que je n- ai jamais pré* tendu £giire céder ses intéréta aux intérêts politiques , mais les imir : or, pour les unir, il faut les connoître.
La religion chrétienne, qui ordonne aux hommes de s^aimer, veut sans doute que chaque peuple ait les meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles, parce qu^elles sont, après elle, le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir.