‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 83 sur 341 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des crime» inexpiables.

II. parott, par un passage des lÎTres des pon* tifes, rapporte par Cicëron (i), qu^il y avoit, chez les Romains , des crimes inexpiables (2) ; et c'est là-dessus que Zozime fonde le rëcit si propre à envenimer les motifs de la conversion de Constantin, et Julien cette raillerie amère quMl fait de cette même conversion dans ses Ce* sars.

La religion païenne, qui ne dëfendoit que quelques crimes grossiers, qui arrétoit la main et abandonnoit le cœur, pouvoit avoir des crimes inexpiables : mais une religion qui enveloppe toutes les passions; qui n'est pas plus jalouse des actions que des dësirs et des pensées; qui ne nous tient point attaches par quelques chaînes, mais par un nombre innombrable de fils ; qui laisse derrière elle la justice humaine , et com-

(1) Lit. II de« Lois.

(a) Sacrum eommissum , quod nequê expiari patent, impie eommissumett; quod expiari poterit , publici taeeréote» esepianto, Gicéron. Ibid. tome IV , page 44^9 ^i^* ^^ Denys Godefiroy , 15S7.

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