‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 82 sur 341 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

De la contemplation.

Les hommes ëtant faits pour se conserver^ pour se nourrir, pour se vêtir, et faire toutes les actions de la sociëtë , la religion ne doit pas leur donner une vie trop contemplative ( i ).

Les mahômétans deviennent spéculatifs pat habitude ; ils prient cinq fois le jour, et chaque fois il faut quHls fassent un acte , par lequel ils jettent derrière leur dos tout ce qui appartient à ce monde : cela les forme à la spéculation. Ajoutez à cela cette indifférence pour toutes choses que donne le dogme d^nn destin rigide.

Si d^ailleurs d^autres causes concourent à leur inspirer le détachement, comme si la dureté du

(i) C'est l'inconvénient de la doctrine de Foé et de Lâockium.

Liv. xxiy, CHAP. XI. i33

gouyemement, si les lois concernant la propriétë des terres, donnent un esprit précaire, tout est perdu.

La religion des guèbres rendit autrefois le royaume de Perse florissant; elle corrigea les mauyais effets du despotisme : la religion mahomëtane détruit aujourd*hui ce même empire.

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