CHAPITRE XIV
Comment la force de la religion s'applique ù cellf des loiscifiFes.
Comme la religion et les lois cîvilea doivent tendre principalement à rendre les bommes bons citoyens, on voit que, lorsqu'une des deux s'é-
l36 0^ L^ESPRIT DES LOIS.
cartera de ce but, Taulre y doit tendre davantage : moins la religion sera rëprimanle , plus les lois civiles doivent reprimer.
Ainsi, au Japon , la religion dominante n^aydnt presque point de dogmes, et ne proposant point de paradis ni d^ enfer, les lois , pour y suppléer, ont été £adtes avec une sëvéritë , et exëcutëes avec une ponctualité extraordinaires*
Lorsque la religion établit le dogme de la nécessité des actions humaines, les peines des lois doivent être plus sévères, et la police plus vigilante, pour que les hommes, qui sans cela s^aban^onneroient eux-mêmes, soient déterminés par ces motifs : mais si la religion établit le dogme de la liberté, c'est autre <:hose.
De la paresse de Tâme nait le dogme de la prédestination mahométane ,' et du dogme de cette prédestination nait la paresse de Tâme. On a dit : Cela est dans les décrets de Dieu ; il faut donc rester en repos. Dans un cas pareil, on doit exciter par les lois les hommes endormis dans la religion.
Lorsque la religion condamne des choses que les lois civiles doivent permettre , il est dangereux que les lois civiles ne permettent de leur côté ce que. .la religion doit condamner, une de ces choses marquant toujours un dé£aiut d'har-