‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 89 sur 341 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

0 ContÎDuation du même sujet.

Lorsqu'il y a beaucoup de sujets de haine dans un état , il faut que la religion donne beaucoup de moyens de réconciliation. Les Arabes , peuple brigand , se faisoient souvent des injures et des injustices. Mahomet fit cette loi (â) : « Si » quelqu\in pardonne le sang de son frère (3) , » il pourra poursuivre le malfaiteur podt des

(i) Voyes Prideauz, Vie de Mahomet , page 64* (s) Dans l'Alcoran ,MiT. I , chap. de la tfaehe, (3) En renonçant à ia loi dn talion.

l4a B£ l'esprit DBS LOIS.

» dommages et intëréts : mais celui qui fera tort fi an mëchant, après avoir reçu satisfaction de » lui , soufiErira au jour du jugement des tourmens » douloureux. »

Chez les Germains , on hëritoit des haines et des inimitiés de $es proches ; mais elles nVtoient pas «éternelles. On expioit Thomicide en donnant une certaine quantité de bétail, et toute la famille recevoit la satisfaction ; chose très-» utile , dit Tacite (l ) , parce que les inimitiés sont très-dangereuses ches un peuple libre. Je crois bien que les ministres de la religion , qui avoient tant de crédit parmi eux , entroient dans ces ré* conciliations.

Chez les Malais , oii la réconciliation nVst pas établie , celui qui a tué quelqu'un , sûr d'être assassiné par les parens ou les amis du m ort , s'abandonne à sa fureur ^ blesse et tue tout ce qu'il rencontre (2).

(i) De moribus Gemuaufrum , cap. zxi.

(a) Recneii des Voyages qui ont servi à l'établisseme at de la oompagnie des Iodes, tome VII , pag 5o5. Vofea avsst les M émoifes da comte de Forbin , et et qn'U dit sar les Macassars.

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