LIV. XXIV, CHAP. XIX
justes , mais admirables pour la sociëtë. La religion des Tao et des Foé croit l'immortalité de Tâme ; mais de ce dogme si saint ils ont tiré des conséquences affreuses.
Presque par tout le monde , et dans tous les temps , Topinion de Timmortalité de Tâme , mal pri^e, a engagé les femmes, les esclaves, les su*, jets, les amis, à se tuer, pour aller servir dans Tautre monde Tobjet de leur respect ou de leur amour. Cela étoit ainsi dans les Indes occidentales ; cela étoit ainsi chez les Danois (i) , et cela *est encore aujourd'hui au Japon (2) , à Macas*sar (3) , et dans plusieurs autres endroits de la terre.
Ces coutumes émanent moins directement du dogme de l'immortalité de l'âme que de celui de la résurrection des corps; d'où l'on a tiré cette conséquence, qu'après la mort un même individu auroit les mêmes besoins , les mêmes sentimens, les mêmes passions. Dans ce point de vue , le dogme de l'immortalité de Tâme adfecte prodigieusement les hommes , parce que l'idée d'un simple changement de demeure est plus à
(1) Voyes Thomas Bartholin , Antiquités danoises, (a) RplatiuDs du Japon, dans le Recueil des Yojstgeê qui ont serri à l'établissement de la compagnie des Indes. (3) Mémoires de Forbin.