‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 91 sur 341 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Que c*est moins la yérité ou la fausseté d'un dogme qui le rend utile ou pernicieux aux hommes dans l'état civil^ que l'usage ou l'abus que l'on en fait.

Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuvent avoir de très-mauvaises conséquences lorsqu^on ne les lie pas avec les principes de la société; et, au contraire, les dogmes les plus faux en peuvent avoir d^admirables lorsqu^on fait quMls se rapportent aux mêmes principes.

La religion de Gonfucius nie Timmortalité de Tâme (i); et la secte de Zenon ne la croyoit pas. Qui le diroit ? ces deux sectes ont tiré de leurs mauvais principes des conséquences, non pas

{}) Vu philosophe chinois argamente aioû contre la doctrine de Foé : ■ Il est dit , dans an liTre de cette secte , qne notre corps est

> notre domicile j et l'ftme l'hôtesse immortelle qui y loge : mais, » si le corps de nos paréos n'est qn'nn logement , il est naturel de » le i«garder avec le même mépris qa'oa a pour un amas de boue » et de terre. N'est-ce pas vouloir arracher du cœur la vertu de

> l'amour des parens F Gela porte de même à négliger le soin du • corps» et à lui refuser la compassion et l'affection si nécessaires » pour sa conservation : ainsi les disciples de Foé se tuent à mil- » liers. •> Ouvrage d'un philosophe chinois, dans le recueil du P. Du' halde , tome III, page 5a.

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