CHAPITRE XXIII
Des fêtes.
Quand une religion ordonne la cessation du travail , elle doit avoir égard aux besoins des hommes, plus qu'à la grandeur de Tétre qu'elle honore.
C'ëtoit à Athènes (i)un grand indonvënient que le trop grand nombre de fêtes. Chez ce peuple dominateur devant qui toutes les villes de la Grèce venoient porter leurs différends , on ne pouvoit suffire aux affaires.
Lorsque Constantin établit que Ton cbâmeroit le dimanche, il fit cette ordonnance pour les villes (â) , et non pour les peuples de la campagne ; il sentoit que dans les villes étoient Les travaux utiles, et dans les campagnes, les travaux nécessaires.
Par la même raison , dans les pays qui se main^
(1) Xénophoa, de la république d'Athènes. (3) Leg. III, cod. de feriit. Cette loi n'étoit faite sans doate qu^ pour lea païens.
l5o DE L^ESPHIT DES LOIS.
tiennent par le commerce , le nombre des fêtes doit être relatif à ce commerce même. Les pays protestans et les pays catholiques sont situes de manière que Ton a plus besoin de travail dans les premiers que dans les seconds ( i ) : la suppression des fêtes convenoit donc plus aux pays protestans qu'aux pays catholiques.
Dampierre (2) remarque que les divertissemens des peuples varient beaucoup selon les climats. Comme les climats chauds produisent quantité de fruits dëlicats , les barbares , qui trouvent \d 'abord le nécessaire; emploient plus de temps à se divertir. Les Indiens des pays froids n'ont pas tant de loisir; il faut qu'ils pèchent et chassent continuellement : il y a donc chez eux moins de danses , de musique et de festins ; et une religion qui s'établiroit chez ces peuples devroit avoir égard à cela dans l'institution des fêtes.
(1) Les catholiques sont plusTers le midi , et les protestans vers le nord.
(3) NonTeaiix Toyagev aatoor du monde , tome II.